Frontaliers

Je commence à travailler en Suisse : les démarches à faire dans les 3 premiers mois

avril 2026·7 min

Vous venez de signer votre contrat avec une entreprise en Suisse. Félicitations — c'est une belle étape. Mais entre l'enthousiasme du nouveau poste et la réalité administrative, il y a souvent un moment de flottement : par où commencer ?

Voici les démarches essentielles à faire dans les trois premiers mois de votre activité en Suisse, quand on vit en France.

Le permis G : votre titre de séjour frontalier

C'est votre employeur suisse qui initie la demande de permis G (permis frontalier) auprès de l'Office cantonal de la population. Vous n'avez pas à faire la démarche vous-même, mais vous devrez fournir :

  • Une copie de votre pièce d'identité ou passeport
  • Un justificatif de domicile en France (moins de 3 mois)
  • Votre contrat de travail signé
  • Une photo d'identité récente

Le délai de traitement est généralement de 2 à 4 semaines. Bonne nouvelle : vous pouvez commencer à travailler dès que la demande a été déposée — pas besoin d'attendre le permis définitif.

L'assurance maladie : le choix le plus important

En tant que nouveau frontalier, vous avez 3 mois à partir de votre premier jour de travail pour choisir votre régime d'assurance maladie. Ce choix est définitif — il ne sera pas possible de revenir dessus plus tard, sauf en cas de changement de situation majeur (perte d'emploi, par exemple). Il faut donc prendre le temps de bien comprendre les deux options.

Option 1 : la LAMal

C'est l'assurance maladie obligatoire suisse. Vous souscrivez auprès d'un assureur suisse (Helsana, CSS, Groupe Mutuel, etc.). Elle couvre les soins en Suisse et partiellement en France. Les primes varient selon l'assureur et le canton.

Option 2 : la CMU (via la CPAM)

Vous restez dans le système français. C'est souvent plus simple si vous vous faites principalement soigner en France. La cotisation est proportionnelle à vos revenus (environ 8 % du revenu fiscal de référence).

Si vous ne faites aucun choix dans les 3 mois, vous serez affilié d'office à la LAMal. Prenez le temps de comparer — les implications financières et pratiques peuvent être très différentes selon votre situation familiale et vos habitudes de soins.

Le formulaire S1 : faire le lien entre Suisse et France

Si vous choisissez la LAMal, vous recevrez de votre assureur suisse un formulaire S1 (anciennement E106). Ce document vous permet de vous inscrire à la CPAM en France pour bénéficier aussi de la couverture maladie française.

Concrètement, le S1 certifie que vous êtes bien assuré en Suisse, et ouvre vos droits en France. Sans ce formulaire, vous n'aurez pas de carte Vitale active.

Les étapes :

  • Demander le S1 à votre assureur LAMal suisse
  • Le transmettre à votre CPAM de rattachement en France
  • La CPAM enregistre vos droits et vous envoie votre carte Vitale

La déclaration fiscale en France

Même si votre salaire est versé en Suisse et que vous payez (ou non) un impôt à la source en Suisse, vous devez déclarer vos revenus en France. C'est une obligation pour tous les résidents fiscaux français.

Selon le canton où vous travaillez, le régime fiscal diffère :

  • Cantons avec accord de 1983 (Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura) : vous êtes imposé en France, et vous devrez fournir une attestation 2041-AS à votre employeur suisse
  • Canton de Genève : l'impôt est prélevé à la source en Suisse, mais les revenus doivent quand même être déclarés en France (avec un crédit d'impôt)

La première déclaration peut être déroutante. N'hésitez pas à vous faire accompagner pour bien remplir les formulaires — une erreur ou un oubli peut avoir des conséquences sur plusieurs années.

Un compte bancaire en Suisse : pas obligatoire, mais pratique

Rien ne vous oblige à ouvrir un compte bancaire suisse. Beaucoup d'employeurs peuvent verser le salaire sur un compte français (en euros, avec conversion). Mais un compte suisse peut être utile pour :

  • Recevoir votre salaire en francs suisses sans frais de change
  • Régler des dépenses courantes en Suisse (essence, repas, parking)
  • Gérer le taux de change à votre avantage

Plusieurs banques suisses proposent des offres pour les frontaliers. Si vous décidez d'ouvrir un compte, pensez à le déclarer aux impôts français (formulaire 3916, comptes à l'étranger).

URSSAF : un cas particulier à vérifier

Si vous relevez du régime CMU et que votre conjoint ne travaille pas, ou si vous avez des revenus complémentaires en France (micro-entreprise, revenus locatifs), vous pourriez avoir des obligations de cotisation auprès de l'URSSAF. Ce n'est pas le cas de tout le monde, mais c'est un point à vérifier.

S'y retrouver dans tout ça

Il y a beaucoup de choses à faire en peu de temps — et chaque situation est un peu différente. Le plus important : ne laissez pas passer le délai des 3 mois pour l'assurance maladie, et gardez une trace de tous les documents envoyés et reçus.

Je ne suis pas fiscaliste ni juriste, mais en tant qu'assistante administrative spécialisée dans l'accompagnement des frontaliers, je peux vous aider à organiser vos documents, vérifier les échéances et vous assurer que rien n'a été oublié.

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